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Peluches

Je me suis souvent demandée d’où venait cette attraction pour l’ours, alors qu’il est réputé pour être l’animal le plus dangereux du monde.

De nos jours, les ours en peluche occupent une place importante dans nos sociétés et nos imaginaires collectifs, non seulement en tant que jouet populaire auprès des enfants, mais aussi en tant que personnages de livres, de films et de dessins animés.

Ils accompagnent l’enfance.

Ces objets dits transitionnels, dont on pourrait penser qu’ils perdent leur pouvoir réconfortant, sont toujours présents dans la vie quotidienne de certains adultes qui avouent encore dormir avec leur ours en peluche.

Je me souviens de ce jour là, je ne sais pas le situer dans le temps, j’étais vraiment petite et me trouvais en promenade avec ma grand-mère que j’ai malheureusement très peu connue, mais je n’oublierai jamais son regard, un de ces regards qui naviguent entre l’autorité et l’infinie tendresse. Je me suis bloquée soudain devant une devanture d’ours, des trucs infâmes en fait, sans réelle forme, la fourrure pelée avec des anneaux dans le museau. Impossible de me faire avancer, ma grand-mère m’a demandé plusieurs fois, tu veux un ours? Je ne pouvais pas répondre, figée devant un seul, je le voulais tellement que je croyais déjà le tenir dans mes bras, mais je n’ai pas pu répondre et ma grand-mère a continué son chemin me laissant là.

Aujourd’hui, il y a des ours un peu partout dans la maison et je n’échappe pas à cette douceur de m’endormir sur mon ours.

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Sans vouloir ternir nos rêves de tendresse et pour avoir eu le privilège de les approcher dans leur univers naturel, je peux dire que la réalité est tout autre. La vie de l’ours polaire est difficile, cruelle aussi, et tout comme celui de mon premier amour, je n’oublierai jamais ceux de mes photos.

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Sous certains aspects, ils se ressemblent.

Mathilde

Les heures bleues

Il ne fait pas tout à fait nuit, c’est l’heure où le Soleil va basculer de l’autre côté de la Terre. Tout peut arriver mais rien n’est jamais certain, c’est peut-être là que la pensée s’envole vers de nouveaux projets, de nouveaux voyages. 

C’est « L’Heure Bleue », parfum de Femme, mais aussi l’heure bleue magique de prochains départs, de nouveaux sommets, de nouvelles rencontres ; des horizons à gagner de l’autre côté de la Terre pour demain…  

AGENCE DE PRESSE CASSIOPÉA IMAGINE – Christian Deny

J’ai rencontré Christian dans un club de photographes. Nous avions très vite échangé nos photos de montagne !

Et puis les trains ! Une autre de ses passions. Moi je voyais toujours celui du film « Le Docteur Jivago »  sillonner la toile dans un bruit d’enfer, éclabousser la neige et se mélanger à la fumée pour une image fantomatique. Pourtant il n’en est rien, les photos de Christian sont belles tout simplement. Mais souvent, je regarde et je rêve ! N’est-ce pas la finalité d’une photo, nous embarquer vers d’autres horizons ? 

J’ai découvert une chaîne YouTube où nous pouvons entendre à la nuit tombée, greloter la musique de Christian. « Les organistes s’entraînent la nuit » me disait-il. Evidemment, dans mon souvenir, j’ai entendu les Grandes Orgues de Notre Dame quand elle s’est remise à vivre. 

Mathilde. 

L’une et puis l’autre

La vie, comme un soir, comme le retour au quotidien ou celui que l’on croit. Avec l’habitude, le rythme du travail.

Les jours dans les jours, coulent et s’entremêlent. L’envie soudaine de s’alléger lentement des contraintes et de tout ce qui se ressemble.

Parfois, une ombre pèse, plus besoin du conciliabule alentour, le silence parle plus fort que les mots et nous offre une force insoupçonnée.

Sans pourquoi ni raison, on s’en va, de l’une à l’autre, pour construire un autre dialogue sonore et muet, alternative certes. Mais l’aboutissement d’une moitié de vie pour regarder son verso. Un paysage inconnu ou le chant de l’oiseau résonnant comme un sonar.

Là est un endroit pour être bien, « être bien » ressemble au pays idéal. Être là, sans agitation, sans obligation de vie même, sans obligation de rien. Dans tout ce rien,  existe une foultitude de merveilles qui manquaient au temps pour les remarquer et surtout pour savoir que cela pouvait nous rendre heureux.

Mathilde

White Kindom, white King

Le mugissement des réacteurs s’amenuise et l’avion semble glisser au frôlé d’une mer hérissée de glaces aiguës. Ce paysage terrible et merveilleux nous fait comprendre à quelle solitude nous allons être confronté. 

Nous passons subitement d’un monde à l’autre, du confort de l’avion au vide du vent polaire. 

Le vent du Spitzberg est solitaire, vient de nulle part, il est inspiré et retourne au néant sans nous dire ce qui nous échappe encore. 

Ici commence le règne du minéral et termine celui de l’homme. 

Isolé, dépeuplé, hostile, il peut fasciner en soufflant la terreur ou la tendresse et parfois devenir une terre d’asile pour les rêves. 

Nous chaussons des sacs en plastique pour ne pas ensemencer notre qualité d’humain. Ici est le royaume du Saigneur des glaces, sans prédateur et guidé par son odorat il arpente la magie du lieu de son pas de maître.

L’ours polaire est protégé tout en devenant l’emblème de l’arctique.

Le voir un jour pour ne l’oublier jamais en vous laissant dans le cœur le même vide que son île. 

Nous le retrouverons plus tard.. nous passons la nuit à Longyearbyen.

Mathilde

Par où commencer ?

J’hésite, je doute, je tergiverse, en fait, je ne sais pas par où commencer.

Par le début serait judicieux, mais je ne sais pas faire, il m’est tellement difficile de dérouler l’histoire, s’amoncellent entre les plis du temps, l’intime de la mémoire, les images, les peurs, les rencontres humaines et animales, les chocs d’une beauté éphémère qui se jouent des brumes et des lumières. 

Tout s’amalgame dans mon esprit et les mots semblent bien pauvres. 

Parce que voyager est cette propension à traverser des monceaux d’émotions intenses. 

Voyager c’est emmagasiner en silence, c’est communiquer avec les yeux, les mains, le cœur. Voyager, c’est vivre sa vie en parallèle. 

Mais avant d’appréhender vraiment l’Archipel du Svalbard jusqu’au 81ème parallèle, je vais me reposer un peu avec lui. 

Mathilde

Mosé

Quelque chose s’achemine, quelque chose d’impossible et puis s’efface dans mon esprit, s’estompe cette idée insupportable, s’estompe et se voile de brume.

Presque rien, pourtant non pas rien, une petite vie qui disparaît.
Presque rien qui s’oublie, et se réfugie dans l’ombre.

Presque rien, ou quelque chose qui fait mal. Quelque chose qui se maintient et se retient de disparaître.

Quelque chose qui serait si moindre et qui pourtant s’insinue à l’intérieur des jours comme l’innocent grain de sable pour effacer doucement la joie ou le vouloir !

Quelque chose n’est pas gai soudain qui s’enfonce doucement dans le gris, quelque chose qui ne bouge plus, qui ne réagit plus et laisse aller le temps dans le vague et l’incompréhension.

Faut-il être gai?

Mosé, mon bel ami. 2020/2024 – RIP.
Mathilde

L’Adieu

Cette petite mignonnerie, symbolise pour moi la gentillesse et la douceur des habitants de ce pays. 


Le Groenland, c’est l’ultime frontière. Ici, on parle une langue inuite.

Ici, sur la plus grande île du monde, soit verte quelques mois d’été, soit entièrement couverte de neige et de glace, les villages sont comme des îlots séparés les uns des autres sur une mer de blanc.


Le Groenland est peuplé à 80% par des Inuits, c’est vraiment leur pays. Avec une résistance très forte. C’est un pays où la culture première a su se maintenir, s’imposer, s’intégrer harmonieusement à la modernité.

Maintenant, c’est la fin de l’aventure, l’adieu. 

Mathilde

La calotte glaciaire

L’imposante falaise de glace du glacier Russell est une attraction populaire à Kangerlussuaq, située à seulement 28 km. Il s’écoule de la calotte glaciaire du Groenland. 

Tout d’abord, il nous faut monter dans ce magnifique bus pour suivre une piste bien défoncée. Pas la peine d’attacher les ceintures, nous devons nous agripper. La piste s’arrête soudain, car interdite aux véhicules à moteur! C’est écrit en danois ! C’est pourtant bien simple à comprendre, je me suis laissée…  lire que d’aucuns continuaient tranquillement motorisés.

Nous l’avons parcouru à pieds, c’est une superbe randonnée avec en prime la course d’un petit Renne, j’ai pu le photographier, mais si loin, la photo s’en ressent !!

Nous commençons à entrevoir la glace pour nous retrouver finalement devant un spectacle inoubliable. Tout va dans tous les sens !

Paysage lunaire, ou chaos de glace explosée, formant des petites rivières qui se mêlent au sable, espaces herbeux où cette espèce de terre noire et granuleuse.

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L’eau s’accumule également devant le secteur nord du front du glacier, formant un lac.

Ce lac est particulier dans sa dynamique, car il est endigué par la glace qui peut éclater spontanément et provoquer des inondations catastrophiques.

Les scientifiques continuent d’étudier le glacier Russell et son lac marginal glaciaire pour mieux comprendre sa dynamique et son évolution future.

J’ai essayé de montrer cette merveille de la nature. Il me resterait tant à dire mais il semblerait qu’une photo a son propre langage, beaucoup plus proche que les mots de son auteur.

Il m’est difficile d’écrire ce que l’on peut ressentir en sachant l’hypothétique devenir de notre monde.

La beauté alors se teinte de tristesse.

Mathilde

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Kangerlussuaq, GL
21:13, 08/06/2026
temperature icon 7°C
légère pluie
Sunrise: 23:00
Sunset: 23:00

Deci delà vers Itilleq

Itilleq, c’est vrai! Pourquoi Itilleq?

Parce que c’est bleu, c’est vert, il y a la montagne et la toundra. Parce que nous venons de frôler les grands icebergs, nous enrouler dans les brumes, le gris, les nuages, parfois la mer est noire.


Ici, j’ai juste envie de monter cet escalier et de frapper à la porte tout doucement.

Une dame ouvrira avec son incroyable sourire! Avons-nous l’habitude nous autres de pouvoir entrer chez un sourire aussi précieux. Il y a des dentelles sur la table, sur la télévision, des enfants dans un coin se poussent du coude en riant parce que je ne suis pas vraiment comme eux et que nous parlons par geste.

Je vais rester là un moment à regarder une autre vie se dérouler devant moi. C’est comme l’ailleurs que je poursuis depuis toujours.

Ici, l’ambiance me semble différente, plutôt tournée vers une vie tranquille et douce, avec la perception qu’il n’en est certainement rien.

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Pourtant, j’observe un nuage distrait par le vent qui balance joyeusement le linge sur les cordes des maisons. Détail qui me touche infiniment.

Parce que, même si loin, même si les icebergs se baladent en remplaçants les voitures ou tous autres moyens de transport.

Quelle différence entre nos vies ? J’entends les cris des enfants, j’imagine l’atelier du peintre sur la plage et la fumée de l’incinérateur, ici, les ordures sont brûlées chaque semaine.

Dans quelques mois la banquise viendra bousculer toute cette harmonie.

Comme le verso d’une page que je ne peux écrire sans revenir.

Alors oui, pourquoi Itilleq? Parce que je suis bien ici et puis, essayer de prononcer Qasigiannguit !!!

Qasigiannguit est situé au-dessus du cercle polaire arctique, sur la rive sud-est de la baie de Disko. L’un des ports que nous venons de quitter.

Mathilde

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21:13, 08/06/2026
temperature icon 3°C
couvert
Sunrise: 23:00
Sunset: 23:00

Intermède, l’inattendu

Sur le noir et le blanc, sur le plus clair et le plus sombre, le noir semble lui-même source de luminosité, jusqu’à faire imaginer une couleur invisible qui serait pure lumière.

Comme les chats, qui ne distinguent pas les couleurs, moi qui savait retrouver tous les pourcentages de la gamme primaire du bleu ou du rouge, le jaune, je n’aime pas, il est inutile, mais le noir !! 

Non, ça n’est pas ça, j’ai simplement un œil qui a besoin d’une bonne coupe ! Et tous les mercredis de pluie n’y changeront rien.


Mathilde