La terre verte

On l’appelle la terre verte !
Il n’y a pas d’arbre mais plutôt une forêt d’icebergs.

Le Groenland est comme un jour sans nuit, je croyais ne jamais pouvoir m’habituer, en fait c’est une initiation, ça n’est même pas vivre au gré de sa fantaisie, c’est une nécessité de vie, celle qui délie nos liens avec l’habitude.

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Voyageur intemporel incarnant la lenteur de l’éternité, l’iceberg dérive millimètre par millimètre dans le cours d’une mer de glace, à partir du cœur des glaciers du Groenland, dont il se détache pour entreprendre une très longue errance en mer vers le nord, puis le sud, touchant la côte du Labrador en fin d’existence.

Il pénètre parfois dans les baies avant de s’échouer ou de se désintégrer. Ces immenses blocs de glace d’eau douce peuvent mesurer plus de trois fois la hauteur des chutes du Niagara. Pour porter le nom d’iceberg, le bloc de glace doit mesurer au moins cinq mètres de hauteur.

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Cette façon de vivre et de penser n’est certainement pas le Graal de ces populations isolées qui s’accommodent sans aucune aide extérieure du climat le plus rigoureux du globe, des hivers sans jour, entre novembre et février, quand les flots ne sont plus qu’une épaisse banquise sur laquelle on part chasser engoncé dans son traîneau tiré par les chiens, et des étés sans nuit, où l’on se consacre à la pêche pendant que les glaciers délivrent des icebergs beaux comme des Églises.

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On dit que l’iceberg responsable du naufrage du Titanic provenait de la côte sud-ouest du Groenland, la baie de Disko et ses glaciers qui vêlent la plus grande quantité d’icebergs de l’hémisphère nord (et les plus gros !). 

L’iceberg se serait détaché vers la fin de l’été 1911. Avant de croiser la route du navire, l’énorme bloc de glace aurait dérivé pendant six mois.

Mathilde