Le mugissement des réacteurs s’amenuise et l’avion semble glisser au frôlé d’une mer hérissée de glaces aiguës. Ce paysage terrible et merveilleux nous fait comprendre à quelle solitude nous allons être confronté.
Nous passons subitement d’un monde à l’autre, du confort de l’avion au vide du vent polaire.
Le vent du Spitzberg est solitaire, vient de nulle part, il est inspiré et retourne au néant sans nous dire ce qui nous échappe encore.
Ici commence le règne du minéral et termine celui de l’homme.

Isolé, dépeuplé, hostile, il peut fasciner en soufflant la terreur ou la tendresse et parfois devenir une terre d’asile pour les rêves.
Nous chaussons des sacs en plastique pour ne pas ensemencer notre qualité d’humain. Ici est le royaume du Saigneur des glaces, sans prédateur et guidé par son odorat il arpente la magie du lieu de son pas de maître.

L’ours polaire est protégé tout en devenant l’emblème de l’arctique.


Le voir un jour pour ne l’oublier jamais en vous laissant dans le cœur le même vide que son île.

Nous le retrouverons plus tard.. nous passons la nuit à Longyearbyen.
Mathilde

