Les heures bleues

Il ne fait pas tout à fait nuit, c’est l’heure où le Soleil va basculer de l’autre côté de la Terre. Tout peut arriver mais rien n’est jamais certain, c’est peut-être là que la pensée s’envole vers de nouveaux projets, de nouveaux voyages. 

C’est « L’Heure Bleue », parfum de Femme, mais aussi l’heure bleue magique de prochains départs, de nouveaux sommets, de nouvelles rencontres ; des horizons à gagner de l’autre côté de la Terre pour demain…  

AGENCE DE PRESSE CASSIOPÉA IMAGINE – Christian Deny

J’ai rencontré Christian dans un club de photographes. Nous avions très vite échangé nos photos de montagne !

Et puis les trains ! Une autre de ses passions. Moi je voyais toujours celui du film « Le Docteur Jivago »  sillonner la toile dans un bruit d’enfer, éclabousser la neige et se mélanger à la fumée pour une image fantomatique. Pourtant il n’en est rien, les photos de Christian sont belles tout simplement. Mais souvent, je regarde et je rêve ! N’est-ce pas la finalité d’une photo, nous embarquer vers d’autres horizons ? 

J’ai découvert une chaîne YouTube où nous pouvons entendre à la nuit tombée, greloter la musique de Christian. « Les organistes s’entraînent la nuit » me disait-il. Evidemment, dans mon souvenir, j’ai entendu les Grandes Orgues de Notre Dame quand elle s’est remise à vivre. 

Mathilde. 

L’une et puis l’autre

La vie, comme un soir, comme le retour au quotidien ou celui que l’on croit. Avec l’habitude, le rythme du travail.

Les jours dans les jours, coulent et s’entremêlent. L’envie soudaine de s’alléger lentement des contraintes et de tout ce qui se ressemble.

Parfois, une ombre pèse, plus besoin du conciliabule alentour, le silence parle plus fort que les mots et nous offre une force insoupçonnée.

Sans pourquoi ni raison, on s’en va, de l’une à l’autre, pour construire un autre dialogue sonore et muet, alternative certes. Mais l’aboutissement d’une moitié de vie pour regarder son verso. Un paysage inconnu ou le chant de l’oiseau résonnant comme un sonar.

Là est un endroit pour être bien, « être bien » ressemble au pays idéal. Être là, sans agitation, sans obligation de vie même, sans obligation de rien. Dans tout ce rien,  existe une foultitude de merveilles qui manquaient au temps pour les remarquer et surtout pour savoir que cela pouvait nous rendre heureux.

Mathilde

Mosé

Quelque chose s’achemine, quelque chose d’impossible et puis s’efface dans mon esprit, s’estompe cette idée insupportable, s’estompe et se voile de brume.

Presque rien, pourtant non pas rien, une petite vie qui disparaît.
Presque rien qui s’oublie, et se réfugie dans l’ombre.

Presque rien, ou quelque chose qui fait mal. Quelque chose qui se maintient et se retient de disparaître.

Quelque chose qui serait si moindre et qui pourtant s’insinue à l’intérieur des jours comme l’innocent grain de sable pour effacer doucement la joie ou le vouloir !

Quelque chose n’est pas gai soudain qui s’enfonce doucement dans le gris, quelque chose qui ne bouge plus, qui ne réagit plus et laisse aller le temps dans le vague et l’incompréhension.

Faut-il être gai?

Mosé, mon bel ami. 2020/2024 – RIP.
Mathilde

Intermède, l’inattendu

Sur le noir et le blanc, sur le plus clair et le plus sombre, le noir semble lui-même source de luminosité, jusqu’à faire imaginer une couleur invisible qui serait pure lumière.

Comme les chats, qui ne distinguent pas les couleurs, moi qui savait retrouver tous les pourcentages de la gamme primaire du bleu ou du rouge, le jaune, je n’aime pas, il est inutile, mais le noir !! 

Non, ça n’est pas ça, j’ai simplement un œil qui a besoin d’une bonne coupe ! Et tous les mercredis de pluie n’y changeront rien.


Mathilde

Intermède vagabond

C’est un fait, j’aime la lumière, j’aime le soleil s’il n’est pas trop chaud, mais lorsque le matin j’aperçois monter la brume en nuage, je n’ai qu’une hâte, rejoindre ces montagnes invisibles encore.

Je sais que là-haut est un autre spectacle où se démêlent tous les possibles d’une autre vie, quelque chose de cet ailleurs inaccessible et inexplicable.

Je ne suis plus moi, dans un pays qui n’existe pas, loin des habitudes et des contraintes. Je deviens une évadée suspendue dans la stratosphère et littéralement séparée de moi-même.

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Il est impossible de ne pas éprouver nombre d’émotions, de ne pas faire l’expérience de certaines dimensions, j’ai l’impression que mon pas dans sa régularité allonge mon temps, le déforme à son gré, vais-je vivre plus longtemps si je ne rentre pas, avec une respiration plus ample et cette aspiration vers le haut.

Parfois, il fait froid, parfois il y a du vent, les arbres en un orchestre ombrageux se cognent sans vergogne.

La brume se balade et colore l’atmosphère d’un gloss séduisant. J’adore le mauvais temps, j’adore ce chemin sans fin, il faudra bien qu’un jour je sache ce qu’il y a derrière !!

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Mathilde