
Cette montagne en forme de cœur s’élève à 1175 mètres d’altitude et domine le village d’Uummannaq.
Les Inuits prétendent que cet étrange piton en forme de myocarde bat véritablement. Il n’est pas celui d’un humain mais plutôt celui d’un phoque. Une ancienne croyance affirme que ses pulsations sont à l’origine de chaque soubresaut de la nature : une tempête de neige, un iceberg qui se délite ou encore un brutal coup de froid emprisonnant tout le paysage dans une gangue de givre…
Tout arrive ou presque, le meilleur comme le pire dans la respiration de cette montagne magique.
Moi j’aurais aimé m’approcher d’elle et entendre sa respiration.
J’aurais aimé accrocher la mienne à la sienne pour toucher du doigt une magie inaccessible aux humains, un phoque peut-être me laisserait faire, puisque je ne mangerais ni son foie ni son cœur.
C’est une question de survie pour les habitants de cette petite ville cernée par les glaces, qui se figent parfois en cinq minutes.
Le phoque est chassé pour sa viande, on se chauffe avec sa graisse, on s’habille avec sa peau et puis les valeureux chasseurs mangent encore tout chauds le foie et le cœur de ses animaux qui les sauvent de la famine et les rendent plus fort. On dit que chaque animal est remercié chaleureusement pour ces présents.
Il arrive que certaines habitantes nous invitent à regarder leur fabrication de bijoux ou de vêtements brodés de perles.
L’habit traditionnel est tout simplement magnifique.
On nous offre du café et des pâtisseries, je prie en mon âme de n’être pas obligée de refuser la gourmandise de chaque inuit ! De la peau de phoque grillée… ça n’est pas du tout par végétarisme ou autre, juste une histoire d’estomac…
J’ai toujours le petit collier rose et blanc acheté surtout pour remercier l’inébranlable gentillesse des inuits.
Mathilde


















Un endroit aussi glacial que chaleureux, des legendes d’un peuple lointain, si beau et étrange pour nous, merci beaucoup, Très Chère Amie, pour ce récit venu d’ailleurs…
Cordialement, A.I.
Ne rien attendre, et tout attendre : un paradoxe humain naturel. Bien pris celle ou celui qui s’y laisse prendre… Aller à la rencontre d’autres terres, d’autres cultures nous permet probablement d’espérer comprendre les différences qui, a priori, nous séparent. Ch.